Elle commença à frissonner sous son chandail qui l’avait accompagné durant toute son enfance. Il est des habits fétiches et nostalgiques. L’amplitude des manches de ce tissus sur ses bras fragiles lui permettait de s’évader un peu mieux vers ces rêves étoilés, dans la fraîcheur d’une nuit magique. Elle fermait les yeux et ne parvenait pas à retrouver cette insouciance, cette désinvolture. Elle se comparait à cette marionnette où les fils vont créer une âme profonde. Mais les mouvements de sa vie étaient-ils victimes d’une illusion?

Pourquoi se sentait-elle si inutile, que son existence ne prenait aucun sens? Qu’est-ce-qui pouvait pousser Mathilde à avoir ce grand dégoût de la vie, à ressentir cette moiteur prononcée sur ses doigts crispés? Une anxiété envahissait tout son être. Les veines irriguées de ses tempes battaient comme jamais pour terminer dans ce lit aux eaux tumultueuses. Elle repoussait ce corps pourtant si parfaitement moulé comme une œuvre incessamment répétée de gestes délicats et passionnés. Ses larges épaules à la dorure raffinée, ses jambes qui s’achevaient en forme de fleur épanouie, au vent mélodieux d’un printemps qui annonce son côté impétueux et fougueux. Elle vivait de ces voyages qu’elle découvrait aux régions de son âme meurtrie. Cette jeune-fille aux cheveux blonds platine, des yeux d’un bleu transparent, et cette silhouette fine et gracieuse. Mathilde possédait cette beauté si singulière qu’elle en devient un pêché. Elle avait une tendre pureté du haut de ses vingt- ans. En ce début de printemps porteur de renouveau, ses cheveux virevoltaient avec cette grâce si particulière qu’avait Mathilde pour écouter le bruit des sources de son cœur dans tout son ravissement. Son air souvent bougon lui donnait une prestance, ne serait-ce qu’au pincement de ses douces et inexistantes lèvres, lui apportant cette candeur enfantine de ces jeunes-filles à l’air sérieux partant réciter leurs gammes pour une heure, à accorder des violons d’airs mélodieux. Sa voix lisse et fluide pouvait faire rêver, rien que d’y penser elle pouvait narrer mille contes avec cette suavité dans l’intonation de ses paroles délicates à la fontaine claire de ses lèvres, pour se jeter les yeux ouverts d’extase dans ces baisers qui restent à venir.

Ô! tendre gazelle égarée prés de cette étendue d’eau qui n’est que le reflet de tous les dangers qui t’y attendent. Ses traits pourtant si jeunes reflétaient une silencieuse souffrance. Elle se disait que tant que la violence prévaudrait parmi les hommes, son cœur ne connaîtrait pas de repos sur cette terre.

A l’échelle de la vie, les marches ne la guidaient que vers la détresse de son âme. Les barreaux sciés qui devaient la hisser vers un bonheur ne la menaient que vers la fatigue d’un corps épuisé, et comme témoins les quatre murs de sa chambre qui résonnaient avec un bruit assourdissant sur ses tempes. Sa seule liberté n’était que celle de remplir les pages blanches pour faire ressortir la noirceur dans toute la laideur de son âme. Comment expliquer à ses chers parents si stricts dans leurs principes, que le mal de vivre la saisissait comme un serpent qui étouffe sa proie avec patience et minutie? Leurs regards durs une fois encore comparables à ces lames de couteau qui s’enfonçaient dans son corps, ou bien un poignard qui lui coupait le souffle. Pourquoi refoulait-elle ses larmes, alors que les faire couler aurait apaisé son cœur meurtri? Toujours tant de questions pour avoir des réponses qu’elle ne pouvait plus accepter. En fait, on lui rabâchait sans cesse la sempiternelle phrase dictée par le destin:

– Tu as réussi ton bac et ta licence, donc maintenant tu vas pouvoir t’inscrire pour rentrer dans des écoles réputées! Du genre tu as tout pour toi, sois belle et tais-toi!

Elle se répétait souvent:

– Et ma souffrance dans tout ça, ce ne sont que des histoires que je m’invente au quotidien, pour déculpabiliser de la grande chance d’être née sans aucun souci financier pour le restant de mes jours. Mais comment je traverse les jours, sinon qu’avec cette maladie qu’on les rosiers qui meurent en se fanant en silence, sans pouvoir ouvrir leurs pétales pour qu’au moins ce jardinier, qui les a tant chéris puisse avoir la réelle récompense à ses nombreux efforts. Mais, par les mystères de la vie sans aucun signe avant coureur, un matin identique aux précédents l’artiste verra le triste spectacle, et dans les jours à venir, il ne pourra plus dormir de ce sommeil du juste. Faut-il oublier les ressentiments et les passions de sa propre fille pour toujours imposer une manière de mener une existence sans rature possible, et suivre des critères préétablis depuis la nuit des temps, et tenir coûte que coûte un rang avec ses lois et ses codes internes, quitte à ne plus être en quête de sa propre vie? Faut-il se sacrifier corps et âme à un époux appartenant à la haute société, qui chaque soir pendant l’acte amoureux n’exprime aucun jeu érotico-sensuel, et l’on voudrait lui crachait à la figure:

– On n’achète pas ma jeunesse, ni mon corps, ni mon cul aux fesses toutes chaudes et si excitantes, sale petit con! Tu es blanc comme un cachet d’aspirine, tu me dégoûtes à en vomir dans les immondices des égouts, et que tu termines par comprendre un peu ce qu’est la souffrance en compagnie de ces laids et gros rats engraissés par ta maudite classe bourgeoise qui tire la chasse, (paradoxalement sans aucune classe) avec un haut-le-cœur!

Oui, Mathilde en avait marre de toutes ces manières, de paraître tel un papillon heureux de vivre une courte existence, alors qu’en réalité elle se considérait comme ce papillon noir tout tristounet, à l’image de ses idées mélancoliques. Finalement, elle vivait ses rêves à travers ses écrits, où son imagination lui permettait de donner une consistance à ses personnages remplis d’une joie communicative de croquer la vie à pleines dents, et eux, ils ne sonnaient pas creux à l’intérieur, car toutes ces personnes avec qui elles vivaient lui étaient tout à coup inconnues et, peu à peu, une grande distance la séparait de ces êtres aimés. Mathilde ne supportait plus, mais plus du tout leurs manières, leurs codes moraux, leurs tenues, ainsi que les éternels discours de mise en garde à ne pas fréquenter tel ou tel individu. Alors zut et rezut, quitte à rompre toute convention, dès demain elle enfilerait son blue-jean troué aux fesses, son petit tee-shirt vantant la consommation du pavot, et ses baskets montantes sans lacets. Après-tout, on pouvait faire partie de l’élite en se mélant à la populace. Elle voulait chaque jour s’identifier à Honoré De Balzac pour l’avoir lu à maintes reprises. De sa volonté et son identité devaient naître sa raison d’exister, et non à travers ces jeux construits d’ambitions et de gloires mentales, (frustrations d’une enfance) pour s’identifier à une société qui marquait le pas, qui plus est, cette dernière ne vivait que d’un certain arrivisme, d’une manière de concevoir un idéal à tout prix sans écouter les riches battements de son cœur . Elle voulait à tout jamais oublier les tailleurs, les jupes soigneusement plissées, toutes ces parures pour affirmer un état supérieur représenté par la classe bourgeoise. Pourquoi devait-on lui interdire telle ou telle relation alors qu’elle se considérait un simple être humain en quête d’un bien être, et d’une soif de connaissances, d’où son projet ne pouvait se matérialiser qu’à travers l’écoute de tout un chacun? Alors fallait-il expliquer à ses chers parents qu’ils écrivent au plus vite la tragédie de la bêtise? Fallait-il suivre la risible comédie de leur vie?

Ainsi vivait Mathilde en contradiction avec les idées qu’on lui avait inculquées pour qu’au jour prochain, elle devienne une personne respectable. Elle savait au fond d’elle-même que ses chers parents considéraient ses attitudes comparables à celles d’enfants trop gâtés. Encore et toujours renaissaient chez eux les tourbillons de cette pensée paralysante qui est de se dire que leur douce enfant avait mal vécu sa période d’adolescence mais qu’avec le temps, tout rentrerait dans l’ordre. Comment se faisait-il que six-ans après, ils ne se posent pas les bonnes questions? Pouvaient-ils, eux, les médecins de l’âme lui ôter les épines qui blessaient son cœur, ce dernier saignait en abondance des flots généreux de compassion? On lui avait appris le dictionnaire des mots et racines, mais on ne lui avait pas enseignée  à comprendre celui que l’on exprime chaque jour avec d’autres individus. Alors Mathilde écrivait pour continuer à exister avec une grande discrétion, et pour cesser de vomir les entrailles qui lui brûlaient l’âme. Lui fallait-elle endurer cette possessive soufrance?

Ô pauvre Mathilde, elle qui voulait découvrir tant de choses sur cette terre, et s’émouvoir pour les petits riens de madame la nature dans toute sa simplicité, pour que ses nobles lignes conçues par son imaginaire poétique soient ces milliers de sourires qui viennent embrasser le monde.

Voici quelques lettres écrites à sa meilleure amie Anne-Marie Charlotte De Barsajac, cette dernière sage et réservée a toujours été sa confidente, dès leurs plus tendres années.

Sourire, c’est déjà aimer

 

Ce magnifique temps à l’émotion pure, où j’écris des phrases qui me font revenir aux premières heures d’une enfance héroïque. La beauté de la vie est encore une fois de plus caractérisée par la simplicité de l’âme humaine. Se lever chaque matin avec le sourire est une marche qui nous fait grimper vers les sommets du bien-être. L’existence nous offre la chance de découvrir le monde avec l’émerveillement du cœur qui s’enthousiasme aux lueurs d’une rosée matinale, où la coccinelle est venue orner le paysage de ses couleurs que nous percevons à l’extérieur. Sachant qu’en notre intérieur, la bonté représentative se manifeste dans les attitudes engendrées par cette éducation enseignée durant un nombre d’années par nos parents qui ont su nous faire partager le plus beau symbole que puisse représenter l’amour! Si l’être pensant passe sa vie à se poser un tas de questions, il est pour certaines où il ne faut pas essayer de trouver des réponses, car ces réponses-là nous font tenir un rôle de figurant, alors qu’il faut devenir l’acteur de sa propre vie pour pouvoir jouir d’une liberté d’esprit qui, chaque jour nous grandit dans notre raison d’exister…

Maturité de l’esprit

Je profite pour écrire sur le compagnon fidèle qui ne m’a jamais quitté, qui n’est autre que ce stylo qui s’en donne à cœur joie sur la page vierge, qui m’accorde un instant unique, avec en prime, un regard aguicheur aux lignes grammaticales parfaites par sa limpidité. On sait très bien que les méandres accaparent ses hauts et ses bas au gré d’une relation. Chacun se trouve un code de conduite pour gérer son passage ici-bas. Il en va pour nous tous de parvenir à atteindre une maturité et une sagesse que nous poursuivons inconsciemment avec un certain maniement de l’esprit et recouvrer une estime hautement reconnue comme le salut à une vie meilleure, prospère et surtout riches en évènements. En fait, il faut aimer la vie pour pouvoir la chérir comme un trésor que nous avons perdu et que nous retrouverons jamais. Il y a parfois dans tes yeux absents des larmes profondes et chaudes qui ont la valeur symbolique du cristal fin et délicat, et si captivant. Il y a également ta crainte de ne pouvoir prononcer les mots que tu as dans ton cœur pour te libérer, te purifier à travers une existence compliquée qui te brûle d’un amour que tu ne peux pas expliquer, ni cacher. Tu dissimules les sentiments de la passion aux braises mal éteintes. Mais qu’importe, tant que nous soyons choquées par la vie que nous menons avec son lot quotidien de surprises à découvrir encore et toujours!

Qui sait? Peut-être que l’existence est-ce jouet d’illusion dont nous nous lassons trop rapidement…

Sentiments fougueux et confus

Comme disait Balzac la poésie ne s’écrit pas, elle consiste en actions et en sentiments. Il faut comprendre que notre meilleur guide est le cœur qui nous dicte les marches à suivre au moment d’une émotion consécutive à un trop plein de sentiments. Une lettre exprime ces mots secrètement gardés, elle a une âme toujours beaucoup plus noble que celle d’une réflexion cognitive, car il ne s’agit là que d’une intuition sensitive pure et naïve donc par excellence émouvante. Une femme peut-elle être aussi belle qu’elle est aimante? Sa beauté représentative, n’est-ce pas la passion qui la prend au corps dans sa manière de concevoir l’allégresse de chaque jour? Le froid polaire et calculateur ne tue t’il pas peu à peu la grandeur humaine? Une femme exposée à la nudité de son âme, peut-elle croiser le regard d’un être passionné pour lui livrer les secrets de son cœur, et, qu’elle retrouve l’enivrante douceur dans ses yeux gonflés à la suite d’avoir versé des larmes pour récolter des illusions perdues?

Finalement, la passion des femmes n’est-elle pas conçue pour s’émerveiller devant cet être doté d’un autre sens, que cela puisse représenter le fait d’aimer en silence sans tenter de vouloir juger les apparences trompeuses?  A moins que la part féminine chez les hommes soit cette représentation d’une mère trop vite émancipée…

Parfum enivrant

T’écrire ces quelques lignes au gré du bateau qui passe, et, pourtant il n’arrête pas le temps, mais il nous laisse découvrir la beauté de cette mer d’huile. Ce vent léger me laisse rêveuse quand j’admire cette séduisante jetée à la croix des marins où les vagues se sont posées sur le sable fin qui filtre la pureté solitaire de cette mouette, qui par sa prestance dans les airs donne un aspect d’une aisance majestueuse. Je me contente d’écrire la simplicité du moment vécu, pris en instantané sur cette plage qui nous offre sous ce soleil éclatant une si généreuse vue de l’île aux oiseaux et ses cabanes tchanquées. Tout ce mélange de jeunes enfants qui courent rejoindre les bras protecteurs des mamans, aux premiers rayons d’un été qui arrive sur la pointe des pieds pour ne pas déranger cet enthousiasme émouvant procuré par ces chérubins qui découvrent le plaisir de la vie simple à travers une chaleur communicative. Les amoureux laissent exprimer leurs sentiments au grand jour, comme si l’hiver les avait punis de leur commune réticence, cette appréhension du temps au-dehors qui joue selon les humeurs. Je ferme les yeux pour mieux m’imprégner de ce moment qui doit rester quelque-part au fond d’un bien-être, un particulier égoïsme s’empare de ma raison pour savourer avec passion, tendresse et générosité, cette part magique que nous donne l’existence, ne serait-ce que de la contempler, l’écouter sans qu’en retour, elle ne nous demande aucune vénération, non! Il faut tout simplement se dire que les saisons sont ces tableaux que nous savons point peindre avec cette note artistique, alors que la nature nous offre toutes les couleurs pour que nous devenions les artistes de ce monde coloré, et ainsi, nous allons pouvoir créer cette œuvre qui n’est autre que d’aimer la vie avec ce parfum qui enivre une nouvelle âme…

Une rencontre à la plage

Le sable accueille mes pieds brûlants par ce soleil qui aujourd’hui n’a pas boudé, en ce merveilleux temps, il me reste de quoi écrire en obervant ce séduisant visage, qui, face à moi, derrière ses lunettes cache ses beaux yeux que je devine dans mes secrètes pensées, car pourquoi en serait-il autrement? Sa beauté masquée sous un voile fin et discret, au milieu de cette plage foulée par tant d’admirateurs pour assouvir leur plaisir de baignades prolongées. Son corps délicieux réveille mes désirs de le griffer rien que par de lourdes pensées, comme l’orage qui va éclater ce soir pour apaiser sa conscience ainsi que la mienne, qui, en ce jour estival n’arrive pas à trouver un juste équilibre dans la balance de la sérénité. Certainement, je voulais tant que tu restes en cette fin de soirée pour prolonger ce doux sentiment  qui naissait en moi, et tu aurais vu que les pensées peintes d’une jeune fille sur ce tableau imaginaire pouvaient aussi faire renaître des talents cachés consécutifs à une première touche artistique où apparaissaient tes yeux aussi profonds que l’océan dans sa grandeur…

Le personnage d’une vie

 

Ecrire avec une idée conçue d’un personnage qui alimente le récit au quotidien, qu’il en devient le maître du jeu littéraire. Pourtant à travers les lignes le jeu s’identifie avec ses codes à respecter. Il y a quelque part l’attente et l’anxiété de découvrir dans une lointaine solitude ce côté romanesque pour faire du personnage un virtuel vivant dans ce monde qui le traque, l’épie. Au fil du récit le personnage prend corps et rentre dans l’arène de la curiosité, pour tenter de percevoir les premiers signes de l ’âme humaine. L’esprit fabrique de perpétuels combats dans cet espace imaginaire. Le personnage saisit l’importance de se comprendre dans les instants d’une vie qui se veut unique, et, où l’égoïsme est le maître mot pour trancrire en compagnie des phrases moulinées un semblant de « moi .» Ce personnage au contenu des pages suit délibérément l’amour aux premiers émois d’une virgule qui soupire, avec la peur au ventre du point strict qui peut en finir avec son histoire. Alors qu’importe, il joue son va-tout et redouble la densité de ses sentiments trop longtemps gardés, et pourtant, ce personnage peut difficilement oublier cette tristesse qui s’empare de lui, et, sans réellement le vouloir, sa souffrance et sa solitude restent marqués dans son être de plume et d’encre. Alors, finalement à travers une dernière envolée à toutes ses expériences vécues, il peut en toute quiétude terminer son récit en prenant délicatement la main de cette femme aimante qui lui a rendu le sourire. Leurs visages se reflètent dans l’eau profonde et fraîche de ce puits qui absorbe ce brouillon. Le souterrain des souvenirs garde fièrement les secrets d’une existence romancée…

Petit mot doux

Je devine ton corps dévêtu, et pourtant je ne sais rien de lui, je ne peux pas deviner si mes caresses pourraient lui apporter un émoi, un vertige! Je parcours avec ma langue ta bouche sensuelle, mais malgré cela, je n’ai pas pu partager ce baiser que tu réclamais dans ton inconscient sommeil. Je dors à tes côtés et chaque matin, je me réveille entre les draps froissés  qui, peut-être se sont imprégnés de ton parfum si vaporeux. Je bois sur ce verre où tes lèvres se sont posées et l’eau mentholée a gardé le même goût. J’observe attentivement ta présence qui envahit ma liberté, et dans ma plus prononcée solitude, je ne me suis jamais aussi bien sentie avec mon âme apaisée en attendant de te retrouver. Alors si tu n’existes pas, cela va me permettre de mieux combattre mes anciennes obsessions qui, chaque jour me rapproche un peu plus près de toi…

Evasion d’un soir

 

 

Plonge mon corps en émoi dans les vagues montantes du désir. Verse mon âme désireuse dans ces remous caressants de plaisirs. Inspire-toi du murmure du vent pour qu’il frissonne tes sens en éveil. Enivre-toi de cette musique qui réveille ta raison d’aimer avec cette force qui te mène au chemin de la souffrance. Berce tes soupirs à la plage de ce tendre secret voluptueux de désirer cet homme au regard si séduisant. Tangue comme ces bateaux qui attendent patiemment pour pouvoir sortir au large, et connaître les sensations poussées de l’extase dans son ivresse nautique. Enthousiasme-toi par une rencontre espérée d’un soir sans lendemain, mais qu’importe, tant que la joie anime ta façon d’espérer. Jouis du soleil qui brille dans ton cœur.  Apprécie la candeur qui se dégage dans ta soif de conquérir. Respire le doux parfum de ce noble sentiment qui te procure une nouvelle envie d’aimer. Parle avec entrain de la flamme qui incendie tes rêves, pour comparer tes mots avec ceux de ces écrivains qui composent une œuvre romanesque par leur inestimable écriture, cette richesse des mots qui éblouit nore raison de vouloir écrire un jour une phrase qui retiendra une part de notre existence malmenée par la réalité d’un monde avec peu de poésie. Supporte le poids de tes amours, et dis-toi que de toute rencontre naît un désir d’approfondir les tourments de ces personnes, ne serait-ce qu’à travers le soupçon qu’exprime dans sa reserve le regard pesant et fatigué de l’être, aux yeux inquisiteurs et lucides d’une expression singulière, pour découvrir une aventure aux lointaines contrées d’un voyage, où nous devinons au quotidien le comportement humain dans ces îles qu’il reste encore à explorer, et tant à espérer qu’elles nous ouvrent les voies de la connaissance, comparable aux premiers jours d’une naissance tant désirée par de placides parents si jeunes et si beaux dans leur émotivité.

Observe l’océan contemplatif qui s’offre à toi pour que tu le câlines d’une énorme tendresse à la face atlantique de son immensité fragile et néanmoins si vigoureuse. Ressens-tu l’osmose parfaite de ton âme avec la beauté de cette nature luxuriante? Et, n’oublie pas que celle-ci est unique, fidèle, sincère, qu’elle ne te demande que de la respecter. Alors tu verras qu’à chaque minute elle va te fasciner par la magie de ses couleurs, et te séduire de toutes ces choses que seule toi est prête à t’émouvoir, sous un jour nouveau porteur de tant d’espoirs…

Furtive lecture

De deux êtres, l’un s ’endort avec l’amour hypothétique de sa vie, et, l’autre t’observe au détour d’un discret mais soutenu regard. Que penser dans le roman qui, page après page unit ce couple? Veut-il sauter des chapitres pour connaître la fin de l’histoire, ou bien se passionne t’il à la lecture de chaque ligne pour un peu mieux interpréter le dénouement? A moins que le livre soit trop long pour lui, et le regard qu’il a croisé lui donne cette soif d’aventures qui n’existent plus dans ce bouquin-là…

Les mots qui parlent silencieusement

Dans une relation, ne faut-il pas faire un croc en jambe à tout principe de causalité? Finalement comprendre que le désir ne vient que s’il est ressenti avec toute la force des sentiments qui galopent à l’allure d’un cheval de course, tellement le cœur bat rapidement de ce plaisir exquis d’une recherche de sensualité. Faut-il interpréter que l’amour par l’amour n’est qu’un instant fugace qui brûle une partie d’une jeunesse à petit feu, sans pouvoir parfois retirer des cendres ardentes la valeur d’une chaleur ressentie? Une pensée secrète pour l’être que l’on aime, où naît cette envie de se protéger des autres d’un je ne sais quoi de pathétique, d’une peur de perdre un acquis durement préservé, alors que dans ces moments-là, il faut se montrer tolérante pour permettre de vivre avec l’autre personne en parfaite symbiose. Il y a au tout profond de notre être ce penchant de liberté qui se manifeste égoïstement. Car, finalement pour offrir il faut être dans un état de tranquillité et de sérénité, et ainsi pouvoir creuser ouvertement la relation par une écoute, un respect envers la personne à laquelle on partage sa vie. La toile d’araignée de l’esprit tisse cette frontière pour se dire qu’être heureux n’a aucun sens, sachant qu’à travers un bien-être nous recherchons une complication à venir, sans essayer de profiter de l’instant présent. Que les paroles qui restent gravées dans nos cœurs de jeunes-filles puissent représenter ce vent de liberté, qui épouse jusqu’à la dernière fibre notre envie de materner. En ces première heures de la journée, mes yeux brûlent de cette flamme qui incendie les passions, et dans ma parure sans voile, j’ai ressenti les frissons prodigués par tes fines et longues mains qui ont pu réveiller en moi la symbolique plage aux châteaux de sable de mon enfance. De mon passé, j’ai essayé de me bâtir un avenir avec ces habits chauds, ne serait-ce qu’avec une certaine imagination à écrire des phrases qui suffoquent par l’émotion qu’elles ont à se jeter à corps perdu, en compagnie de ce stylo qui s’inspire sur la feuille vierge et pudique. De cette pudeur retenue, nous osons retenir des sensations, où il reste encore la trace de ce brasier qui, peu à peu a enflammé mon âme, pour qu’ensuite elle se consume au petit matin. La fraîcheur matinale sous forme de rosée est apparue avec grande autorité sur mon corps dévêtu. Peut-être que ces gouttelettes cristallines étaient les pleurs que j’ai voulus retenir devant toi, pour pouvoir ensuite les déverser sur les fleurs séchées de ton absence? Que ton regard puisse admirer l’océan à la lumière du phare qui évoque l’intensité de notre amour! Que ton existence te mène vers ces innombrables rêves qu’ils nous restent encore à partager…

Âme mielleuse

Soleil couleur de miel, rayon qui enfante mes souvenirs au bourdonnement de ces abeilles que j’observe avec une certaine crainte. Une peur de vouloir trop les approcher et découvrir la reine au milieu de ses servantes travaillant à dures peines les caprices de Madame. Oh oui, Madame! Vous êtes belle comme un tableau de grand maître, un tout puissant sentiment de vous vénérer s’empare de moi, dans cette fraîche et contemplative soirée, tellement votre grâce est touchante! Les contours de votre art à offrir le nectar de votre sensualité à la volupté savoureuse.

Pleure mon âme enfiévrée par tant de souffrances, car le ruisseau de ton imagination  est ta plus merveilleuse création. Ecoute le cœur silencieux qui guide ton esprit vers la construction d’un avenir qui tarde à prendre forme. Serait-ce l’exposé d’une jeunesse retracée au stylo gras et baveux ayant raturé la conclusion de mon expérience vécue, qui restera à tout jamais inachevée? A moins que mon exposé ne soit ce long fleuve paisible où je retrouve le sourire d’une jeune enfant secrète et les souvenirs n’ont plus la même saveur, du fait que la contemplation d’une vie est aussi éphémère que ce premier regard trop vite effacé à la face limpide de ce visage changeant et vieillissant…

Ecumes noirâtres

Comme les  vagues qui inondent ma vie sur ce radeau de fortune, je m’accroche à la corde sensible de la marée qui se joue de ma fragilité avec une désinvolture alarmante, certainement du fait de voir d’un peu plus près mes anciens troubles. Les écumes noirâtres et visqueuses, à la limite dégoûtantes sont balayées par des vents trompeurs. Pourquoi vouloir à tout prix sortir cette nuit, tel un marin expérimenté pour flirter, caresser, cajoler la séduisante houle? Peut-être aussi pour observer ces vagues qui vivent et meurent sans trahir le temps? Faut-il avoir peur d’une insolation pour s’abriter à l’ombre de notre vie? Le plus beau sentiment, n’est-ce pas celui de vivre? Oui! Vivre avec cette légèreté et cette folie qui permettent de faire un clin au temps qui passe! Aile brisée en plein envol poétique qui n’arrive plus à déployer cette impétuosité, cette envie de franchir les frontières des mots interdits. Allez petite! Sois courageuse et oublie ta souffrance, car à travers elle, tu te souviens de la pensée du créateur. En fait, faut-il apporter des illusions novatrices pour enrichir l’humanité? Une chose est sûre, c’est que dans ce modèle de société où nous vivons, nous pensons caresser du bout des doigts une chaleur affective, alors qu’en fait les individus démontrent une froide  hostilité. Les psychologues emploieraient le terme de « défense déguisée » dont se parent ces dits-individus pour un peu mieux tisser leur mesquine toile d’araignée…

Frustrations prononcées

 

Il reste encore cette causalité qui reste accrochée au fond de l’âme. Nous pensons évacuer toute frustration à la source intarissable des reconnaissances qui nous semblent éternelles, pour mieux flatter son égo, alors que la recherche de sa propre simplicité mène à la découverte de l’être vers ce monde ordinaire, qui peut devenir en toute connaissance de cause extraordinaire. Ne serait-ce que se comprendre soi-même avec les règles établies par une pensée dense et sincère. Le drame de chaque être est d’être confronté au quotidien à une existence torrentielle de médiocrité ambiante, sans s’apercevoir que ces mêmes êtres tuent les idées suite à leur orgueil de paraître, mais surtout à leur expérience mal vécue. Il faut reconnaître à juste titre qu’il y a chez eux un état pervers consécutif au fait que leur vie est vide ou bien creuse, si vous voulez. Il y a aussi dans un coin de leur cœur, ce bonheur qu’ils n’arrivent pas à se procurer. Ces êtres qui imposent aux autres leur vision péjorative du monde et leur… insatisfaction chronique concernant le chemin à prendre d’une vie. Revenons de nouveau sur la perversité, car il est difficile de comprendre qu’un jour une personne soit portée aux nues, et le lendemain sans qu’aucun grief ne soit survenu, donc sans motif apparent, cette « dite » personne soit jetée plus bas que terre, telle une vulgaire serpillère! Un comportement lunatique? Un manque de tact? Une psychologie trop peu poussée pour rapidement réagir à retrouver une agréable entente? Ou tout simplement un manque de repères dés la tendre enfance? Certainement le condensé de nombreuses frustrations entraînent ces êtres à soigner (leur intouchable) « moi » et à toujours réclamer d’intenses reconnaissances pour paufiner ou soigner leur image (éteinte) d’un malheur trop lourd à supporter jusqu’ici. Le nouveau regard qu’il veulent faire paraître peut se comparer à une caricature, tiens par exemple, celle du serpent qui se mord la queue! Car ces êtres là ont franchi la ligne à ne pas dépasser, sans s’apercevoir que le bonheur est ailleurs…

Un matin, en époussetant les rayonnages de la bibliothèque aux formes sculptées, madame Carvalho, en service dans la maison depuis vingt-deux ans trouva le double de ces lettres qui étaient soigneusement rangées entre deux livres. Est-ce un hasard? En tout cas, ces deux livres « Le chevalier à la triste figure » de Cervantès et « la guérison par l’esprit » de Stéfan Zweig, étaient ses deux livres préférés.

Les parents

 

 

Les parents ont des enfants, et, dés leur plus tendre âge, ils les élèvent inconsciemment pour qu’ils vivent avec une anxiété qui ne va plus les lâcher, c’est-à-dire que ces enfants doivent vivre une compétition de tous les instants, que ce soit à travers leurs études, leurs loisirs, leurs relations. Et l’amour dans tout cela? Eh oui, l’amour merde! Je me demande parfois si moi, Mathilde, je suis normalement constituée? Pourquoi tous ces enfants ne s’enrichissent pas en écoutant attentivement les réflexions d’un homme de la terre qui voit, avec ce fameux recul les changements progressifs de la nature , et qui en tire les enseignements en se disant que ce monde qui bouge si vite, va tôt ou tard se scratcher au prochain carrefour? Suis-je trop ringarde? Quand on vit à l’heure d’internet, de tous ces réseaux de communications qui poussent comme des champignons en proposant des bouquets de plus en plus larges, et bien oui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les personnes n’ont jamais été aussi seules. On pourrait donner un exemple en comparant cela à un riche millardaire qui serait coincé avec tout son « oseille » en plein milieu des dunes du désert, en fait, il se retrouverait seul et desoeuvré! Tout cela pour bien vous faire comprendre depuis le début, que la liberté de l’enfant se respecte. Un enfant, ce n’est pas un singe de cirque qui répète des figures, des gestes idiots et incompréhensibles. De plus en plus les enfants sont conditionnés dans de telles dispositions, à savoir: Ils doivent suivre l’idéal interprété par leurs parents, et si nous suivons leurs raisonnements à la lettre, nous avons droit à une banane comme récompense! En fait, il faut encore et toujours subir une pression pour réussir. Je vous vois venir, vous allez tout de suite me dire que je manque d’ambitions, et que je ne respecte nullement le rang à tenir dans cette société hiérarchisée. Au risque de vous décevoir, pour moi, la réussite passe encore une fois par la volonté du cœur et non par les menaces déguisées à répétition, qui, finissent par nous destabiliser. Ces menaces vont rompre le lien affectif entre un enfant et ses parents. Chaque enfant connaît à un moment ou à un autre ses propres capacités et ses limites. N’oublions pas que les fondations que l’on pensait êtres très solides, avec le temps démontrent les fissures de l’âme. Un signe? A moins que la bourgeoisie soit comparable à un dessus de table où les sourires qu’on vous tend sont grandioses, et qu’en dessous les coups de pieds pleuvent comme jamais! En fait, qu’importe le malheur des enfants tant qu’ils assument leur rôle à merveille. Soyez chaque jour de bons fantassins, et surtout ne réfléchissez pas, l’argent viendra compenser tout le reste. Jouez dès l’aurore du clairon et hissez les couleurs, fiers soldats! Si j’écris ces lignes, elles te sont destinées Maria del Carmen, ma camarade espagnole qui ne pouvait être reçue qu’au seuil de la porte, tes modestes parents ne pouvaient pas se frotter culturellement aux miens. Te rappelles-tu de notre imagination galopante, de nos ruses, et de ton savoir si troublant pour la philo dès ton plus jeune âge, tes auteurs sud-américains que tu me recitais d’une seule traite. Ton amour (le vrai?) pour ton pére, maçon de son état, et ta mère, femme de ménage, qui se levait tous les jours à six heures du matin pour repasser avec minutie tes affaires, ainsi que celle de tes deux autres frères? Oh oui Maria del Carmen! Je crois que je suis en train de faire ma propre psychanalyse pour retrouver un certain équilibre en tant qu’adulte, lié à ce drame d’enfant. La seule chose qui me rassure est que nous sommes les meilleures amies au monde contre vents et marées, et Dieu seul sait combien nous avons essuyé de tempêtes ravageuses, mais rien ne peut noyer notre indéfectible amitié…

A ce cher père

Maintenant j’en suis sûre, je sais que papa a une maîtresse, cela fait déjà plusieurs mois qu’il fait chambre à part avec maman. Maman a gardé la grande chambre avec le lit à baldaquin, les illustres tableaux familiaux, quant à papa, il s’est contenté de la chambre de mon frère, avec sur les murs des affiches de Mozart, Chopin, et surtout à ne pas oublier son coup de cœur pour Vivaldi et ses « quatres saisons .»  La maîtresse de papa est une jeune femme très distinguée, peut-être bien qu’elle aurait pu devenir cette grande sœur qui m’a tant manquée. Elle a des cheveux châtains lisses comme de la poudre d’or, un regard intelligent qui vous met rapidement en confiance, comparativement à un lac caché au fond des bois, où les cerfs viennent à tour de rôle séduire les jeunes femelles. Ses lèvres sont toujours prêtes à s’enflammer pour la voix rassurante et les mots apaisants de papa. Oui! Je sais, ce n’est pas très digne de ma part, mais je les ai surpris un soir. Oui! Cette élève passionnée par toutes ces notions philosophiques que papa lui a enseignées avec tant de fougue, a depassé toutes formes et structures d’une sagesse! Oui! Ils sont allés plusieurs fois au théâtre, à l’opéra, et papa a pris la main de cette jeune femme sans déposer un baiser, mais il s’est rattrapé en embrassant sa bouche comme un jeune-premier, ses seins, son corps, son âme, sa vie quoi! J’ai eu envie d’écrire sur la relation de couple entre papa et maman, et bien-sûr après avoir observé le comportement de papa pendant de longues années, (les temps changent, moi qui été sa confidente!) je vais essayer d’analyser sa propre réflexion.

Dans toute vie de couple, il faut pour que se crée une agréable harmonie, et retrouver une richesse dans la relation, c’est -à- dire tous ces novices émois qui enivrent notre raison d’exister ainsi que nos sens au partage, à la tolérance, pour que cette relation permette de s’ élever vers cet état de bien-être. Le fait de se dire que l’amour est une recherche de menus détails, pour qu’ensuite la vie à deux devienne une réelle connivence, car quand on n’éprouve pas de sentiments, on ne peut que « baiser » avec toute la vulgarité que cela comporte. On se triche à soi-même en faisant un transfert affectif. Quand on désire posséder une quantité de femmes pour  mieux épouser les formes du pieu. (Ce mot « pieu » est surtout employé ici pour donner une image animale, telle une chèvre que l’on prive de liberté: elle va se permettre les pires bêtises dans l’espace qui l’entoure, avant que cette dernière ne ronge la corde qui la tenait prisonnière!)  N’est-ce pas quelque-part se voiler la face aux problèmes quotidiens qui nous torturent? Pour parler concrètement, nous fuyons épisodiquement la réalité pour un peu mieux nous apercevoir que nous nous enfonçons dans les abîmes du mal-être. Faut-il arrêter de démontrer une tendre compassion, sachant que le tout puissant par son sacrifice a terminé sur la croix, roué et bafoué de coups?

Souvent nous nous demandons si les caprices du soleil brûlent avec la même intensité la face de l’âme de chaque personne, car comment expliquer que le mendiant de l’amour éternel n’a pas pu poursuivre son chemin, du fait que le dieu Râ n’éclairait plus son sentier rempli de brûlantes passions? Ce grand symbole qui représentait tant d’espoirs dans cet esprit enfièvré, et qui attendait une suffocation pour éblouir sa raison d’aimer. Dans ces moments de recherche perpétuelle, où toute vie affective ne peut-être comprise qu’avec un  partiel recul pour pouvoir faire le deuil d’anciennes relations. Souvent nous repérons l’archipel sans néanmoins avoir le courage de poser un pied à terre! Trace marquante, voire empreinte d’une existence à vouloir s’imprégner de ces racines profondes, bienfaitrices de ce bout de soi qui nous intimide, de ces arbres côtoyant les cieux qui ont bel et bien pleurés à chaudes larmes pour pouvoir accueillir  nos instincts menés par un besoin d’oubli au gré du rivage, qui ne regarde ou du moins ne se penche pas en arrière pour s’émouvoir, ne serait-ce qu’un furtif instant face à nos désarrois qui nous plongent dans cette sensuelle (un peu de volupté dans toute chose qui laisse un goût amer!) mélancolie noyée par les souvenirs qui reviennent nous remémorer un détail important, qui n’est autre que d’offrir encore et toujours , et qui peut-être interpréter comme un rendement absolu. Nous savons que le rendement est l’ennemi de l’homme, après-tout l’amour n’est-il pas la rencontre de deux âmes, et non la rencontre de deux corps car ceux-ci sont le résultat d’une œuvre artistique de la création conçue par la possession d’un esprit clairvoyant? Rien ne nous sert d’être de bons samaritains, car nous finissons par payer auprès des femmes ce côté passionné qui pourtant domine une partie de notre être solitaire, et à trop vouloir donner nous finissons par nous faire du mal, nous nous châtions, nous nous marquons au fer rouge comme une faute qui doit être reconnue par tous, et nous pleurons en silence pour nous rapprocher de notre insouciante enfance aux découvertes uniques et incomparables, aux odeurs, aux rires qui ne résonnent plus avec le même écho, et surtout à ces fondations de l’âme créatrice qui sont restées au fil du temps inachevées. Cet énorme vide, est-ce le fait de tirer des enseignements d’un bilan humainement désastreux, voire d’une retenue spirituelle suite à un refoulement de sentiments qui n’ont pas pu être partagés? Il y a sûrement d’autres explications comme le fait de se dire qu’inconsciemment nous avons été usinés dans un moule à tendresse, et que la machine productive ait élaboré en série des êtres généreux. (Pure utopie?) Disons que ces derniers ont voulu offrir leur grande générosité d’âme, mais la société dépravée les a oubliés volontairement (honte de son propre rejet?) dans un coin avec un bonnet d’âne, (risible comédie des êtres-humains!) par son hypocrisie sociale, en les laissant un dégoût d’une vie, qui pourtant est si passionnante à explorer.

En conclusion: dans chaque expérience difficilement vécue, l’être s’accroche pour ne pas tomber plus bas, et la représentation de la fine branche (souffrance-réflexion-culpabilité) ne cède qu’à condition de fermer les yeux pour rentrer dans une angoissante culpabilité vis-à-vis de son destin. Comme le dit si bien un écrivain-journaliste espagnol: « ils s’unissent sans se connaître, ils vivent sans s’aimer, ils meurent sans se pleurer? »  A méditer!

Telle peut-être la morale de l’histoire, où un écrivain pourrait aussi griffonner ces quelques lignes: plume douce et courageuse , tu ne m’as jamais trahi, et moi je suis devenu cet être infidèle en serrant des dizaines de corps aux senteurs qui se parent de ses plus sensibles parfums, et un peu mieux me comprendre et te retrouver avec plus de ferveur, pour qu’enfin je partage ma vie à tes côtés…

A ma tendre mère

 

 

J’ai transcrit des phrases sur papa et sa jeunesse maîtresse, mais que dire de maman avec ses airs mijaurées de sainte-nitouche. Elle avait commencé par se payer les services d’un détective privé pour filer papa.

(quelle décence!) Eh oui! Je l’ai vu de mes propres yeux, ce fameux détective, lui fournir chaque mois, comme preuves accablantes, des photos compromettantes d’ébats amoureux dans leur chambre d’hôtel. Maman, qui elle aussi a un amant, c’est-à-dire qu’elle n’a pas voulu être en reste. Elle fréquente un jeune arriviste provincial qui s’est enrichi insolemment en créant une société de jeux pour ados. Alors, qui vous a dit qu’il n’y a pas de querelles intestines dans le monde des bourgeois? Détrompez-vous! Les grandes phrases cachent un code secrets d’injures, de répliques assassines? Si, si, je vous assure!

Voici mon analyse concernant maman: au-delà de monter aux arbres tels les primates, que recherchent un homme et une femme à cohabiter ensemble? Souvent on les aperçoit à faire les courses domestiques, où le chariot bancal est à l’image de leur face crispée à l’insupportable rictus. Est-ce cela le bonheur de vivre à deux? Se supporter en permanence, se mentir chaque jour, car en observant ne serait-ce qu’un bref instant le comportement humain de chaque individu. Combien dans ce lot? Oui! Nous ne sommes pas dans un marché à brader les lots invendus, et pourtant! Je reviens à ma première idée: combien d’individus ne veulent pas reconnaître leurs erreurs, à savoir tout simplement qu’ils se sont trompés dans leur choix? Ensuite les mystères de l’être pour ne pas rentrer dans une solitude (physique ou psychique?)  va souffrir en silence et appauvrir son âme. Terrible erreur que celle de vouloir poursuivre une relation qui va mener à la perte de sa propre personnalité, et à la dérive dans les affres d’une âme apeurée. Les individus qui veulent sauver un couple, (du moins les apparences) qui n’a jamais eu une raison d’être sinon que de paraître vont rentrer de plain-pied dans d’hypocrites sentiments qui se mélangent aux remous de cet océan, qui dans sa lassitude laisse mourir les vagues fines qui viennent s’échouer, pour laisser derrière-elles une pauvre et discrète trace, alors que l’immensité n’a pas pu répandre son cœur généreux pour mieux comprendre leur émoi. Oh non! Ne pas se retrouver à partager la couche de ces matins à la mauvaise humeur. OH non! Ne pas ramasser les quolibets en rentrant le soir, ou même éviter tout simplement de rentrer, voire, oui finalement rentrer mais oublier qui l’on est. Oh oui! Que de cette attente que les individus croient vague et nostalgique, eh bien! Cette dernière est au contraire très active, elle prend un sens positif à vouloir se comprendre, et faire que chaque jour soit une fête par l’amour que l’on témoigne à son égo…

Sur la table traînent ce thé à peine bu et ces médicaments avalés de diverses couleurs. Oh, c’est vrai! Ils ressemblent à des dragées que l’on offre lors d’une communion. Ces derniers m’ont donné des crampes d’estomac, (comme un athlète qui puise dans ses réserves, lors d’une finale olympique d’un marathon couru dans des conditions climatiques épouvantables) ainsi que des vertiges et des visions dédoublées avec comme principaux acteurs des hommes incarnés en bêtes sauvages, aux visages mi-ange, mi-démon. Mon ventre gonfle, suis-je enceinte de mes pensées? Dans cette vie merdique, ne dit-on pas pour le soldat, qu’il a meilleur air mort au combat que libre par la fuite? Eh oui! Voyez-vous! Je n’utilise pas même pas le manche pour le jeter après la cognée. Non! Je suis naïve mais pure, car la vie est souvent décidée par anticipation, certainement avant notre naissance, et bien que j’élargisse mon cœur en tirant force de ma faiblesse, oui! Je sais que je ne pourrais pas partager un moment avec ce mendiant de la rue d’en bas qui ne demande qu’un brin de chaleur, à travers des paroles qui puissent l’accompagner un jour de plus dans sa froide existence.

Un rai de lumière vient illuminer mon bureau, où une photo sur un cadre éclaire mon enfance. Cette tendre et douce enfance où je me trouve assise sur une balançoire avec papa qui sourit comme un soleil qui vient de se lever. La seule et vraie vie que j’ai vécue en ce temps-là. Ma tête tourne, tourne le manège des souvenirs, et la musique s’arrête sur les pleurs pour qu’à ton tour, maman, tu me gratifies d’un deuxième voyage féerique, et que je comprenne dans mon ivresse de joie combien je vous aime toi et papa. Mais il est trop tard pour s’alarmer sur la lumière rouge sang qui coule de mes lèvres, où je sens mon âme perdue à tout jamais. Ouf! Quel soulagement ce vaporeux sommeil!

Ah oui! Une dernière petite chose! Nous jouons au quotidien un rôle qui nous échappe. Alors, pourquoi ne puis-je pas croire que mon utopie devienne un jour prochain une certaine réalité?  Après-tout, mon papa chéri, j’aurai au moins suivi tes traces, pour un peu mieux comprendre la rhétorique de Cicéron.

Te rappelles-tu, ma tendre maman, que tu voulais peindre ma petite frimousse, et tu me disais avec ton généreux sourire que mon si gracieux visage ressemblait à celui d’une ange. Oui! Sûrement le même ange qui observait les cieux, et par sa grâce, il atteignait les hauteurs avec un réel bonheur!

Suis-je à l’orée d’une extraordinaire découverte? Ou bien c’est peut-être une nouvelle étape à franchir, à moins que cette dernière soit déjà assimilée du simple fait de comprendre qu’il faudrait que je commence à vouloir m’accepter…